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27.12.06

Ce petit chemin... où l'on voit des noisettes...

Une après midi d'octobre 2004. En deuxième année d'IUT à Tours, les journées ne sont parfois pas toutes remplies, mais ça reste rare... Ayant mon après midi libre, j'en profite pour aller faire quelques courses en ville. Enfin quand je dis des courses, n'y voyez rien d'alimentaire, en gros je vais faire les boutiques quoi... car bizarrement, la perspective de passer l'aprèm dans la grandeur de mes 9m2 avec vue sur le cimetière ne m'attire pas des masses. Par contre je pense volontiers à m'acheter un pull ou un bijou ou n'importe quelle futilité de fille (c'est pas un pléonasme ça, futilité et fille ??). Bref, me voilà partie en vadrouille shopping pendant plusieurs heures. La cigale ayant bien chanté, sa conscience la fourmi lui dit qu'il est temps de rentrer.

C'est donc le coeur léger (le porte monnaie aussi) que j'entame le retour vers mes quartiers. Pas de chance pour moi, le bus est déjà passé et il faut attendre un bon moment. Pas de chance encore, car la pluie s'est mise à tomber, une espèce de crachin breton, tout fin mais qui vous fait ressembler en deux minutes à un vieux caniche, votre joli brushing s'étant évaporé.
Heureusement pour mon image, une autre ligne de bus peut me ramener à bon port. Oh justement le voilà, le bus. Telle Marie Jo Pérec, me voilà partie en sprint, évitant les gens et les flaques d'eau. Essouflée j'arrive avant lui. Je n'ai plus qu'à m'asseoir et attendre... attendre. La ligne est bien longue et me fait faire quelques détours mais au moins je suis au sec.

Une bonne demie heure et quelques chansons nostalgiques plus tard, je suis arrivée au terminus et plus qu'à quelques encablures de ma prison dorée. Pour rentrer, il suffit juste de traverser un petit chemin boisé, abrité et très tranquille...
Je commence l'ultime ascension lorsque je remarque au bout du chemin un monsieur qui se promène. Comme il y a une résidence pour personnes âgées friquées pas loin, les vieux se promènent parfois dans le coin. Sauf que là, ce gars ne m'a pas l'air d'un papy. C'est peut être quelqu'un qui sort son chien... Ah oui mais le souci c'est qu'il n y a aucun toutou à l'horizon. Alors quelle idée de rester sous la pluie ?
Vous vous diriez, ce gars fait bien ce qu'il veut, ça me concerne toujours pas. Sauf que compte tenu de mes nombreuses expériences, je me dis qu'à tous les coups je vais me faire emmerder. A force je finis par les repérer de loin mes amis farceurs...
Mais ne voulant pas voir le mal partout et n'ayant pas vraiment d'autre issue, je décide d'y aller quand même. Après quelques pas, le monsieur m'aperçoit et fait demi tour en se dirigeant vers moi.

Me voilà arrivée à sa hauteur. Alors que je marche tranquillement, le type, soudainement pris d'une bouffée de chaleur inhabituelle en cette saison, se sent donc obligé, avec un calme et une habilité exemplaire... de baisser son pantalon. Il faut bien prendre l'air !
J'assiste donc à cet affligeant spectacle : la grosse bedaine de mon nouvel ami et ses noisettes qu'il a vraiment envie de me montrer...
Est-ce l'habitude qui me fait devenir blasée, mais en voyant tout ça je me contente de faire un "Ah" de dégoût en continuant ma route, comme si de rien n'était. Même pas peur !
Sans doute vexé par mon attitude désinvolte, il me dit :
"Ah comme si t'aimais pas ça..."
Ce à quoi je réponds à mon bedonnant compère "Euh non, là vraiment, non..." et passe mon chemin, telle une princesse, la tête haute, la démarche altière (le pas rapide quand même, on ne sait jamais...). Mais finalement il ne m'a pas suivi le vilain écureuil !

Morale de l'histoire : Rien à faire, la cigale préfèrera toujours dépenser du blé que d'admirer des noisettes...

22.11.06

Il court, il court le furet...

Un début de soirée de décembre 2004. J'habite en cité U à Tours, 9m2 de bonheur au 3ème sans ascenseur, avec vue imprenable sur le cimetière à deux pas de l'IUT. Comme tous les soirs, je passe voir une de mes très bonnes copines berruyères, elle aussi à la résidence 3 étages plus bas. Et oui, à force, comme un vieux couple, on a nos petits rituels : on se raconte nos journées, on regarde la télé et on mange ensemble. Bref, c'est un soir comme tous les autres après une journée on ne peut plus banale.

Après avoir vaillamment descendu la cinquantaine de marches qui séparent nos deux étages, me voici au rez-de chaussée. J'avance dans le couloir en direction de la porte de mon amie, l'avant dernière chambre tout au bout, lorsque j'aperçois dans la nuit, une silhouette par la baie vitrée de la porte de secours. Je crois d'abord qu'il s'agit d'un employé de la résidence qui teste les issues ou répare la porte. Je ne fais pas trop attention. Je continue à avancer dans le couloir lorsque la personne semble me faire des signes. J'me dis qu'il est vraiment abruti celui là, personne ne peut rentrer par les issues de secours. Je lui fais signe que ce n'est pas possible.
Me voilà quasiment arrivée devant la porte quand mon nouvel ami cogne contre le carreau... Et là, tout bascule !... Il a le regard bovin et la mine suspecte. Je ne saisis pas ce qu'il cherche à me faire comprendre.
Je frappe chez mon amie quand soudain, mon oeil est attiré plus bas. Il effectue une étrange danse, les mains baissées et... oh mon dieu, il a la tuyauterie à l'air... Le geste est précis et sans ambiguïté... Ce jeune homme en k-way bleu marine et jean est en train de se "soulager" devant moi. Au vu des mes précédentes aventures, (Le petit robinet et d'autres que je vous raconterai bientôt), je me dis que je dois être une espèce d'icône pour les exhibis de France et de Navarre...

Pendant que mon brave Matelot tente de hisser la grand voile en se frottant joyeusement contre la baie vitrée, la porte de mon amie quant à elle, tarde à s'ouvrir. Je refrappe vigoureusement et elle finit enfin par me faire rentrer. Les yeux ronds comme des billes je lui dis qu'il vient de m'arriver une histoire "cocasse" et elle me demande :
"est-ce qu'il y a toujours un gars posté devant la porte de secours ? il avait l'air bizarre"...
Je lui réponds qu'il n'avait pas que l'air et qu'il est plutôt en forme... L'air aterré elle me répond, "me dis pas que ... il s'est ..." Elle a compris, alors morte de rire, je lui rejoue la scène du "musicien et ses grelots"...
Un peu plus tard dans la soirée, nous attendons d'entendre du bruit dans le couloir pour ressortir de la chambre, pour aller manger dans la mienne (Oui la cuisine de mon étage est plus accueillante). Pas d'exhibi en vue...
Nous allons signaler la présence étrangère à l'accueil et le veilleur nous dit que si cela se reproduit, il faudra revenir le signaler. Ok Roger, on fera ça !
Je raccompagne mon amie à sa chambre en fin de soirée, nous constatons de la lumière dans l'escalier de secours... Personne ne traîne jamais dans cette escalier... C'est sûr le "Furet" n'est pas loin, il rôde devant les étages et court dès qu'il voit de la lumière dans un couloir...
Mais il n'a pas dû nous voir, alors vite chacune rentre chez soi !

Le lendemain vers la même heure, j'avance à pas de loups dans le couloir du rez de chaussée en espérant que le Furet ne sera pas là, parce que bon d'accord je veux bien être sympa mais y a des limites à l'amitié !!! Arrivée chez mon amie, je ne constate pas la présence du joyeux drille. En entendant rentrer des voisines de mon amie, nous sortons leur raconter cette rencontre et leur dire de tendre l'oeil. Nous discutons dans le couloir quand la lumière s'allume dans l'escalier... Et tout à coup je vois une tête apparaître sur le côté de la baie vitrée : "Il est là, regardez" dis je en le pointant du doigt telle Julie Lescaut au coeur d'une filature. Branle bas de combat ! Nous allons prévenir l'accueil. Ils appellent les flics. La directrice de la résidence vient nous demander officiellement de rester dans le couloir "pour l'appâter". Super, je me demande jusqu'où devra aller notre dévouement !
Hélàs, le Furet n'est pas d'humeur badine (en même temps par ce froid, je consens qu'il ait du mal à exposer le matos) et a fui laissant repartir les policiers bredouille.

Le manège va durer comme ça plusieurs jours. Pour ma part je ne le recroise pas mais constate la lumière dans l'escalier à plusieurs reprises. D'autres filles l'aperçoivent mais apparemment il a troqué son costume d'exhibi contre celui de simple rôdeur (à croire que c'était une faveur spéciale pour moi...). L'italien de mon étage lui courra après, les flics iront jusqu'à se planquer dans les buissons mais rien à faire il court, il court le furet...
Puis ce sont les vacances de Noël. Le manque d'effectifs féminins à la résidence durant cette période aura sans doute eu raison de l'animal et l'aura définitivement découragé, car après la rentrée, nous ne l'avons pas revu.

Sacré Furet, il est passé par ici, mais l'histoire ne dit pas, si depuis, il est repassé par là !!!

25.10.06

Le plombier berruyer ou comment découvrir la tuyauterie d'un inconnu...

Un vendredi vers 18h30 en janvier 2003.
Je sors de ma leçon de code mais je dois retourner au lycée pour une réunion. Je ne suis pas trop en avance. C’était une leçon de code collective où l’on devait donner chacun son tour les bonnes réponses et pour certains, le code c’est vraiment loin d’être gagné. Du coup, les explications n’en finissent plus... Le brave moniteur fait pourtant tout ce qu’il peut pour faire comprendre la situation jouant de la baguette sur le rideau.
« Mais non, regardez, vous voyez bien que vous ne pouvez pas stationner de ce côté ci pendant cette quinzaine, c’est écrit sur le panneau, il faut stationner de l’autre côté. »
« Ben pourquoi y a une bagnole qui s’y est foutue alors ? »
« C’est un piège. La quinzaine vient de changer. Le propriétaire doit déplacer son véhicule. »
« Ben c’est trop de l’arnaque votre truc, vous faites tout pour qu’on l’est pas le code et comme ça on va raquer encore. »
Même sans pièges, j’ai bien peur que ce jeune homme raque encore longtemps...

Je me dépêche donc pour avoir mon bus. Trop tard il me passe sous le nez, (à cause d’un mec qu’aura pas son permis...) Tant pis je n’ai plus qu’a y aller à pied. C’est faisable mais il caille, il fait nuit et surtout les trottoirs sont encore pleins de neige (ça va) ou de verglas (moins cool).
Bon puisqu’il faut bien y aller, me voilà en route. J’avance prudemment (histoire d’éviter de me casser une jambe) en direction du lycée.
J’arrive au niveau de la gare routière. Les derniers cars viennent tout juste de partir. C’est un peu glauque ce coin enfin j’en ai pas pour longtemps. Je marche tranquillement lorsque j’entends un bruit bizarre...

« Hey ! Hey ! » avec un ton un peu murmuré genre je veux pas hurler, je m’adresse à toi, oui toi jeune fille seule dans cette rue déserte...
J’ai dû rêver me dis-je, ce n’est pas pour moi...
« Hey, Hey... » Et merde, y a personne d’autre a part moi et « la voix ». Bon allez Aude, continues d’avancer, ne te retourne pas...
J’aperçois alors une ombre dans un renfoncement. C’est donc « la voix. » Je commence à flipper, je suis seule et y a un mec qui m’appelle. J’accélère le pas.
Et là, j’ai droit à une proposition des plus intrigantes...
« Hey ! Tu veux pas goûter à mon p’tit robinet ! »
C’est vrai que présentée comme ça, la chose fait tout de suite moins peur... Je rigole toute seule en imaginant ce « plombier » d’un autre genre, me faisant la promotion de ses canalisations...
Et puis remarquez aussi qu’il n’exagère pas sur la marchandise...
Il se contente d’un « petit » robinet.

Je continue mon chemin mais je remarque qu’il me suit... La barbe, pas de maison dans le coin, va falloir que je le sème. Sauf que souvenez vous, les trottoirs glissent, je ne peux donc pas courir pour essayer d’échapper au plombier. Je vais donc au plus vite en « slidant » sur le trottoir telle Surya Bonali. Heureusement, le tuyauteur n’est pas bien virulent et ne me ratrappe pas.
J’arrive enfin au boulevard. Par chance, le bonhomme est encore vert. Je traverse en quatrième vitesse et sème mon artisan. Me voilà rendue au lycée le teint homard, les jambes en feu, le regard ahuri quand on me demande « Ben qu’est ce qui t’arrive t’as vu un mort ? »
Non mais j’ai juste failli goûter au petit robinet...